The overall expansion of the production and consumption of vins de château from the Bordeaux area speaks fortheir contradictions: based on an elitist wine conception, they have become trivialized. This article addressesthis transformation by dealing with the genesis and evolution of the division of labor between wine-producingestates and wine merchants. Initially, at the center of the division of their roles – which will be challenged later – was the individual noble property – the château. Wine-merchants traditionally took on the wine-ageing process, enabling them to control and achieve greater added value. However, the situation reversed in the1970 when the wine-producers of crus invested technically and claimed bottling and its added value, that wine merchants lost. Weakened in their role and facing the rise of mass retail stores demand for (cheap) vins de château, the wine merchants seeked for profit in them, though supporting fiercer competition and smaller benefits.
L’expansion globale de la production et de la consommation des vins de château en bordelais en reflète les contradictions : reposant sur une conception de la vitiviniculture élitiste, production et consommation se sont banalisées. Cet article aborde cette transformation en traitant de la genèse et de l’évolution de la division du travail entre propriété et metteurs en marché. Initialement, c’est autour de la propriété nobiliaire individuelle –le château – que se sont structurés les rôles. Le négoce assume traditionnellement l’élevage des vins, achetés aux producteurs, lui permettant d’en contrôler et d’en capter la plus-value. Mais la situation se renverse dans les années 1970 lorsque la propriété de crus investit techniquement et revendique la mise en bouteille et sa plus-value, qui échappe au négoce. Ce dernier, affaibli dans son rôle et concurrencé par l’émergence de lagrande distribution réclamant des (petits) vins de châteaux, y cherche son salut, entretenant une forme de compétition dépréciative.