Dans un article paru dans le quotidien suisse Le Temps de Sophie Thoyer, directrice de recherche INRAE au CEE-M, et spécialiste de la PAC apporte son éclairage sur les dessous de l’opposition française à l’accord avec le Mercosur.
Concernant l’accord Mercosur, Sophie Thoyer estime que la Commission européenne a relativement bien négocié : « Si on prend l’exemple de la filière de la viande bovine en France, l’accord est relativement peu dangereux pour son avenir. Le quota d’importation [avec des droits de douane réduits à 7,5%, ndlr] depuis le Mercosur est de 99 000 tonnes pour l’ensemble de l’UE. Pour la part destinée à la France, on estime que cela représente 250 grammes par personne et par an. Il peut cependant y avoir une concurrence sur certains morceaux prisés par le consommateur français, qui sont ceux où le secteur réalise sa marge. ». Même si ajoute t-elle « Sur la question des mesures dites « miroirs », visant à obtenir des garanties sur les normes environnementales, sanitaires et sociales des produits exportés, il y a eu encore peu d’avancées« .
Mais Sophie Thoyer rappelle qu’en « France, peut-être plus qu’ailleurs, malgré un faible poids rapporté au PIB, l’agriculture reste un pilier structurant. Les grandes coopératives agricoles pèsent dans les exportations. Et le poids du secteur agricole dans les discours de l’exécutif français est une longue histoire « , et précise que s’ajoute à ce mécontentement les craintes autour de la renégociation de la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne. La France étant le premier bénéficiaire des subventions de ce programme européen, une baisse des subventions pourraient avoir un impact sur le revenus des agriculteurs « C’est un sujet qui est présent à bas bruit depuis mars 2024 et qui mobilise aussi des agriculteurs qui ne sont pas concernés par les abattages ou les exportations. Ces deux dernières années, le revenu agricole a nettement diminué ce qui les pousse à exprimer leur désespoir ».
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